5 fausses affirmations à propos du référencement (2/3)

Posté dans Webmastering 4 commentaires

Bonjour à tous, et bienvenue dans cette deuxième partie des 5 fausses affirmations à propos du référencement.
Pour résumer en quelques mots l’idée de ces billets, il s’agit de recenser les cinq plus belles rumeurs concernant le référencement, et qui bien sûr sont inexactes ou complètement fausses, sinon cela n’aurait que peu d’intérêt.

Commençons tout de suite par deux nouvelles affirmations que vous avez sans doute déjà entendu :

2. Faire des liens vous fait perdre du Pagerank

Si vous fréquentez des forums de pseudo-professionnels de référencement, je parle bien évidemment de forums du style de WebRankNympho, il est probable que l’on vous ait déjà répété des dizaines de fois, à tort évidemment, que « t fou d fér d baklinq sa nik t padjerenq §§§§§§§§« . D’ailleurs, il est même possible que vous y croyiez !
Et bien je vous rassure, il n’y a nul besoin théorique de vous priver de la joie de faire des liens s’il n’y a que le Google Pagerank qui vous intéresse.
Je pense également que si cette intox n’était pas si répandue, ça limiterait déjà les excès du Sculpting (si vous êtes étranger à cette pratique, il s’agit d’une technique de SEO visant à augmenter artificiellement la circulation du pagerank entre vos pages par la méthode suivante : si je vais un lien vers une de mes pages, il est en dofollow; si je fais un lien vers une page d’un site externe, il est en nofollow), pratique devenue quasiment encouragée dans les milieux du SEO professionnel. Bien que si Google découvre que vous la pratiquez, au même titre que le scraping, il y aura des conséquences au niveau et de votre Pagerank, et au niveau de votre positionnement sur le moteur.
Enfin bref, nous ne sommes pas là pour parler de ce genre de techniques malhonnêtes (#lamortduweb), simplement pour vous expliquer, si vous l’ignoriez, à quel point cette information est nulle et sans aucun fondement.
Tout d’abord, avant de me lancer dans de rapides explications, il vous faut bien comprendre un la différence entre le Pagerank d’une page et la réserve de Pagerank dont elle dispose.
Le Pagerank d’une page, cela n’a sans doute pas de secret pour vous, c’est la note sur dix que Big G (il se permet même de nous noter maintenant) attribue à chaque page, en fonction essentiellement (je dirais même exclusivement, car le « content is king » ne s’applique pas lors du calcul de celui-ci) du nombre de liens de retours vers la page en question.
La réserve de Pagerank d’une page, en revanche, est le combiné du potentiel de distribution de Pagerank de cette page, et l’importance des liens de celle-ci. Cette réserve se situe généralement, par expérience personnelle, à 40% du Pagerank de la page, pour un Pagerank compris entre 0 et 5 inclus, et 60% pour un Pagerank compris entre 6 et 10 (donc une page ayant un Pagerank de 5 aura 2 points de réserve de Pagerank).
Mais c’est énorme ! Certes, mais n’oublions pas que les pages ayant un Pagerank important et ne faisant qu’un seul lien sont très rares et il est très difficile d’en obtenir.

Je définis, toujours par expérience personnelle, cette réserve par un petit théorème tout simple : Si une page ne faisait qu’un lien vers une autre, et que celle-ci n’en recevait qu’un, alors son Pagerank serait égal à la réserve de Pagerank de la première page (soit 40% de son pagerank).
Si vous vous faites vraiment ennuyez véritablement et que votre vie sociale se résume à laisser tomber vos doigts aléatoirement sur votre clavier, en d’autres termes si regarder Plus Belle La Vie ou La Ferme Célébrités est devenu chez vous une habitude, vous pouvez tout à fait réaliser ce test chez vous ! (attention à éloigner les enfants, par contre)
Si vous possédez une page ayant un Pagerank de trois (donc une réserve de Pagerank de 3 * 0.4 ~ 1) et que vous faites un lien (tout en vous assurant que personne ne soit tenté de vous imiter, autrement ça fausse l’expérience) vers une page inconnue de Google, et du monde entier, vous verrez que, si tout se passe bien, à la prochaine Google Dance la page inconnue aura obtenue un Pagerank de 1.

Maintenant, pour revenir à ce mythe, qui comme tout mythe est basé sur une demi-vérité, ce que j’ai dit plus haut ne s’applique que dès lors où votre page distributrice ne fait qu’un lien. Si elle en fait deux, la force du lien sera divisée par deux, et ainsi de suite, mais son Pagerank restera indemne !
Pour qu’elle perde du Pagerank, il faudrait que la force ou la quantité des liens vers cette page en question soit diminuée (c’est pour ça que l’on vous répète de ne pas adhérer à des partenariats avec des fermes de liens) ce qui est complètement indépendant au fait que vous fassiez ou non des liens à droite et à gauche.
Par contre, sachant que la distribution du Pagerank et l’importance du lien pour le positionnement dans les moteurs ne font pas la différence entre page interne est page externe, à chaque lien externe que vous faites, vos pages internes recevront moins de Pagerank et il est possible qu’elles soient moins bien positionnés dans Google.
Cependant rassurez-vous, c’est vraiment minime, et mieux vaut faire un lien vers X et en recevoir en retour que de compter sur le spam de commentaires ou l’inscription sur des annuaires pour votre référencement, car, et du point de vue du Pagerank et du point de vue du positionnement de votre page d’accueil ou de vos pages internes, un lien de qualité en vaut mille d’annuaires, de commentaires ou de signatures dans les forums.

Astuces référencement et pagerank

3. Le culte du Pagerank

Titre un peu décalé, vous me direz. Je précise que je parle du culte du Pagerank de la page d’accueil (grossièrement reconnu comme Pagerank du « site »).
Pour ce placer dans le contexte, je vais vous demander d’imaginer la situation suivante :

Monsieur X, blogueur très amateur possède un petit blog personnel sur le thème de la pêche. Ce blog, il le tient depuis plus de 4 ans, ajoute du contenu régulièrement, avec un vrai nom de domaine en .com, et, grâce à un ou deux partenariats avec d’autres petits sites dans la même thématique, il bénéficie d’un Pagerank de 2 sur sa page d’accueil.
Un beau jour, ce même monsieur X, en train de vérifier la description de certains articles sur Ebay, recoit un mail d’un certain make-ur-dick-bigger-in-two-weeks@mail.ru.
Intrigué, celui-ci se dépêche d’aller consulter ce mail.
Il y trouve, croyez-en ce que vous voudrez, une demande de partenariat avec son site de pêche ! Dans un français plus qu’approximatif (qui sent bien l’email de masse qui plus est), il semblerait que l’expéditeur demande un échange de lien sur toutes les pages de chaque site.
Il se rend donc sur le site en question, un site faisant une demi-dizaine de pages au maximum et y constate, en plus d’un design des années 60 en rouge et jaune, de publicités intempestives pour casino ou rencontre gay (on arrive difficilement à faire la différence), un contenu se limitant à la diffusion de photographies pour le moins amateurs se composant essentiellement de filles qui seraient sans doute majeures en Iran (en trichant un peu). S’ajoute à cela la masse indénombrables de liens, dont la moitié sont de la même couleur que le fond du design, pointant à peu près vers des sites dans la même thématique (par à peu près j’inclus évidemment annuaires généralistes aussi connus que des présentatrices météo mexicaines, casinos en ligne, sites de streaming et bien sûr, autres fermes de liens toutes blacklistées par Google). Et pour finir cet éloge plus ou moins gradué, il semble que la totalité des 4 ou 5 pages du site en question soient absolument absentes des résultats affichés par Google.
Mais ça on s’en fout ! On n’est pas à la bibliothèque ! On n’est pas à la FAC ! On est sur le web ! On est au 21ème ! C’est pas le contenu qui compte !
Monsieur X se précipite donc sur son outil de calcul de Pagerank (qui n’affiche bien sûr que celui de la page d’accueil), et… OMGWTFBBQOYGF un PAGERANK DE 6 !!!
C’est un honneur, pour lui, qu’un site disposant d’un Pagerank aussi élevé (sur sa page d’accueil, parce que le reste on s’en fout) daigne s’intéresser à lui !
Tout content, accepte avec joie la demande et place un lien vers le site en question sur son menu, le lien apparait sur toutes ses pages, le partenariat est en place, le propriétaire du site de Pagerank 6 fait de même, monsieur X est content, monsieur X l’a dans le :) .

Bon, sur cet exemple, je suis sûr que vous mêmes n’auriez pas accepté un partenariat pour la simple et bonne raison qu’il regroupe TOUS les points qui devraient vous faire refuser systématiquement tout partenariat. Mais si je ne prenais qu’un seul de ces points ?
Et si je vous demandais, à qui profite le plus cet échange ?
Sur papier, c’est bien entendu au blogueur, monsieur X. Mais celui qui profite réellement et concrètement de cet échange de lien est bien sûr le propriétaire du site de Pagerank 6 car, si l’impact des liens de monsieur X est effectivement relativement négligeable, sur papier, sur son site, ses liens à lui n’en auront concrètement aucun.
Ce paradoxe s’explique par plusieurs raisons :
1. Le nombre de pages. J’ai envie de commencer par lui, car à mes yeux, c’est vraiment le plus important. Dans l’exemple il est dit que monsieur X blogue régulièrement depuis près de 4 ans. Imaginez simplement le nombre de pages indexées par Google ! Or, l’échange de lien était un des types les plus courants : un lien sur toutes les pages. Le site de Pagerank 6 recevra donc plusieurs centaines, voir milliers de liens de pages ayant peut-être même des Pagerank supérieures à 1, tandis que lui se contentera d’en envoyer 5 depuis ses pages qui ne sont ni indexées, et qui ne disposent sans doute même pas d’un Pagerank.
2. Le nombre et la qualité des liens sortants. Là encore, point très important. Il est dit que monsieur X n’avait fait qu’un ou deux partenariats, et de plus, avec des sites dans la même thématique que son blog, ce qui est une très bonne chose ! Les liens qu’il est susceptible de faire auront sans doute une grande importance.
Tout le contraire du propriétaire du site de Pagerank 6, qui a bien trop de liens pour que ceux-ci aient une valeur quelconque. En plus, de la même couleur que du fond, au mieux les liens ne sont pas pris en compte par Google, au pire il se fait sandboxer.
3. Tous les autres points qui feront que Google et les visiteurs n’aimeront pas son site : fenêtres publicitaires, design pas commode,etc…

Somme toute, le Pagerank de la page d’accueil d’un site n’est en aucun cas un indicateur de qualité infaillible !
D’ailleurs, la pratique explicitée ici dans l’exemple est très répandue, faire jouer son Pagerank pour effectuer des partenariats, puis lorsque le spammeur obtient l’IP du type, il fait une simple page de cloaking et transforme sa page d’accueil en salespage. C’est vrai qu’avec un Pagerank de 6, ça passe mieux :)
Avant de faire un partenariat avec lien sur toutes les pages, regardez :
- le nombre de pages indexées
- le cache de google (on n’est jamais à l’abri d’un cloaking ou de toute autre technique de ce genre)
- si le Pagerank est bien distribué équitablement entre toutes les pages du site
- la thématique du site en question

Voilà tout pour ce deuxième volet des fausses affirmations sur le référencement.

Posté par Éric Durant   @   21 février 2010 4 commentaires
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4 commentaires

Comments
fév 21, 2010
15 h 22 min
#1 Ge-Studio :

énorme ce deuxième volet.
Le culte du pagerank c’est triste mais c’est la vérité.
Très bon article comme toujours tu touches là où ça fait mal.

fév 22, 2010
10 h 43 min
#2 otäm :

Très bon pour un début !
Je n’aurais jamais pensé regarder le cache google !
J’attends la suite !

mar 26, 2010
14 h 40 min
#3 Matthias :

de toute manière le PR est mort,non? Alors cet indicateur est inutile.

Author mar 26, 2010
15 h 04 min
#4 Éric Durant :

Non, le Pagerank est loin d’être mort.
De très nombreux services (TNX, TLA,etc…) se basent encore dessus comme seul facteur d’importance d’un site (ou d’une page).

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